Les enfants se posent cette question dans la cour de récré, pour se chambrer mutuellement "ahah mon père il dit qu'à droite c'est des voleurs donc t'es un voleur", "trop nul t'es de gauche, ça veut dire que t'as pas d'idée". C'est puéril hein ? En même temps ils ont 6 ans, ça passe.

Par contre, ce qui passe moins, c'est quand tu as cette réaction à 20, 30, 40 ans et plus. Y'a une espèce de barrière, qui date de je-sais-pas-combien-de-temps-j'étais-pas-né, entre les deux entités droite et gauche. Comme entre le bleu et le rouge.

Dans ma petite tête à moi, dans mon idéal, gouverner c'est avoir des bonnes idées et les mettre en place. Dire "ouais Sarko il traite les mecs de banlieue de racailles", c'est pas de la politique, c'est pas de l'information, c'est du fait divers. C'est si simple de sortir une phrase du contexte et de la commenter. C'est stérile et ça mène à rien. Pour faire l'équité, même combat avec "DSK il roule en Porsche". Mais qu'est-ce qu'on s'en tape ? Il roulerait en 2CV on dirait qu'il ne fout de notre gueule parce qu'on sait qu'il a du pognon. Etre de gauche ça veut pas dire être fauché et à la rue. Mais alors rien à voir. D'ailleurs, si c'était ça, vous voyez bien que 80% des français seraient de gauche. Le fait de toucher le RMI ou d'être PDG de Carrefour ne joue en rien dans le clivage droite/gauche. La gauche, c'est plutôt le souhait du partage des richesses (qu'on a si on est PDG, qu'on a pas si on touche le RMI, je parle les richesses bien sûr).

Dans mon journal Sud-Ouest, sur l'article de la Porsche de DSK, y'a pas moins de 150 commentaires dont une moitié en gros trouvent que c'est lamentable qu'un candidat à la présidentielle se montre ainsi. On lit "Quand je pense que ce type a été député maire de Sarcelles... il n'a jamais dû y habiter !", "et oui la solidarité du ps un candidat de la gauche bouré de thunes qui va nous donner des leçon de partage" ou encore "DSK doit payer l'impôt sur la fortune, non ? Il pourrait même être plus riche que Sarkozy ? Et pourtant soit disant de gauche...".

1) Quand on est riche on doit habiter une ville de riches, ou le revenu moyen est supérieur ? 2) Quand on est riche on a pas le droit de donner des leçons de partage ? Dans ton idée, c'est les pauvres qui forcent les riches à payer des impôts. Mais c'est faux. Y'a des riches qui sont conscient de ce que signifie le partage des richesses, et qui sont prêt à payer davantage d'impôts. 3) Et quand on est riche donc, on est de droite... Cf remarques précédentes.

Et j'ai pris que les commentaires les plus courts, laissant de côté ceux de dix lignes qui t'expliquent mathématiquement que Sarko = 0, DSK = 0 donc Le Pen = 1.

Parlez des idées. C'est faux de dire que la droite n'a pas de programme, tout comme la gauche ou le FN. Critiquez ça si vous voulez donner votre opinion.

Et encore une fois, toute dernière. Non je suis pas choqué que DSK roule en Porsche mais oui je suis choqué que notre président augmente son salaire de 150%. Dans le premier cas, c'est sa vie personnelle et j'ai pas à juger. Dans le second cas, c'est mon argent. Voilà toute la différence. Et si DSK achetait une seconde Porsche de fonction une fois devenu président, je serai le premier à lui demander de faire attention à MON argent.

On a beau critiquer les politiques, peu importe le clivage, on oublie sans doute une chose. Un homme politique, il doit être apprécié du peuple, et il fera tout pour l'être. Au moins d'une majorité. C'est à nous de réagir, de souhaiter quelque chose de différent. Quand on provoque autour d'une bière un débat stérile sur c'est-quoi-le-pire-entre-la-porsche-et-le-karscher, finalement on provoque indirectement des débats de ce style dans les instances politiques. Les français le font, pourquoi pas ceux qui les représentent ? C'est la principale raison pour laquelle je lis de moins en moins la presse commentée par les lecteurs. Y'a des champions du monde quand même. Un article sur deux se réfère à un politique. Aujourd'hui c'est Sarko ou DSK, mais j'imagine que dans dix ans ce sera deux autres (j'espère !). Ce matin, véridique, dans un article relatant l'assassinat d'un père de famille en Bretagne, le huitième commentaire était le suivant "merci Sarko, Marine n'aurait jamais laissé faire ça". C'est juste désolant, et ça ne vaut même pas la peine qu'on y réponde. Y'a deux hypothèses : ou bien le posteur de ce message est un de ces "abrutis" dont je parle plus haut, ou bien il est conscient de l'absurdité de son message mais il tente de prêcher des "abrutis" qui viendraient lire la nouvelle. Dans les deux cas, c'est pas de la politique.

Désolé, je m'embourbe dans des exemples d'actualité, mais je m'énerve tout seul systématiquement sur ce sujet là. Ca pourra être l'occasion d'un ticket à venir sur le point Godwin (en attendant, un vrai article est là).

Alors oui, c'est gonflant. C'est gonflant de voir que sur 15 candidats, ceux qui pourraient te plaire n'ont aucune chance d'être élus. C'est gonflant d'aller voter pour celui ou celle qui te répugne le moins, mais nous n'avons pas le choix. Mais ne pas y aller n'a qu'une seule conséquence : c'est le risque de voir ce fameux candidat détesté au pouvoir. Le vote blanc ne sert à rien et ne servira jamais à rien en France. Il faut voter ! La seule façon d'avancer, c'est pas de révolutionner la politique, c'est de changer nos états d'esprit, de mûrir sur le sujet. Paris ne s'est pas fait en un jour ; et honnêtement je ne crois pas à cette évolution. Mais ça serait l'unique solution à mes yeux.

Mon candidat idéal, c'était Coluche. Revoyez ses meetings ; il ne faisait pas de coup bas. Il ne descendait pas un tel ou un tel avec l'intention de nuire. L'utopie c'est ça. Le politique idéal, c'est celui qui rassemble par choix, non par élimination. C'est celui qui gagne des voix, pas celui qui en fait perdre aux autres.

Alors oui, ça m'exaspère de voir que toute notre vie se recentre autour de la politique et que la politique influe tant sur notre vie aujourd'hui. Je serais volontiers à l'étranger pour fuir ça, mais le modèle tend à se propager, la contagion est rapide.

Mais de grâce, en 2012, allez voter. Pour qui vous voulez je m'en tape, mais il faut qu'on puisse assumer les choix que l'on fait, nous français, et qu'on ne renie pas notre problème président de la république quel qu'il soit sous prétexte qu'il n'aura été choisi que par 25% des électeurs.